CSE : fusionner et se réinventer - besoin de construire un cadre commun

ange diableL’ordonnance CSE a été ratifiée. Le principal décret d’application est paru au journal officiel début janvier. La mise en place de cette nouvelle instance se fera progressivement d’ici à la fin 2019.

Le cadre légal fixe un principe de base : les nouveaux élus devront remplir plusieurs fonctions au sein d’une organisation unique. L’élu devient à la fois valorisé par ce potentiel mais également débordé par ses missions.

Le fonctionnement opérationnel est quant à lui laisser pour une part à la négociation au sein des entreprises, pour une autre part au dialogue avec les élus eux-mêmes.

L’élaboration du règlement intérieur du CSE est une opportunité pour envisager les nouveaux modes de fonctionnement. Comment répartir les rôles, préparer et animer les réunions, mener des réflexions approfondies sur des cas individuels ou des projets collectifs ?

Nous avons tendance à dire : « on travaille efficacement par envie ou par besoin ». Si cela est un peu réducteur, c’est une bonne amorce pour envisager une réflexion sur le fonctionnement de l’instance.

FARAL conseille sur ce point une construction progressive et itérative d’un schéma partagé président – membres.

Cela nécessite de chacun une forme de transparence sur ses envies, ses besoins et sa propre organisation. Quels sont les besoins et envies de l’entreprise ? La réponse se trouve en partie dans la présentation de la politique de l’entreprise, sa feuille de route annuelle ou pluriannuelle, le sens qu’elle donne aux plans d’actions qu’elle engage. Il faut avoir une lecture similaire pour les élus : Quelles thématiques veulent-ils approfondir ? Quelles sont les attentes qu’ils perçoivent des salariés ?

Lorsque nous participons ou animons un groupe de travail « paritaire » ou lors d’une formation, nous observons souvent des envies non exprimées, des besoins implicites non accessibles. Des exercices simples de positionnement, de communication, révèlent alors rapidement la capacité de chacun à produire des idées sans parvenir à les partager. Nous nous efforçons alors de faire émerger ces éléments de motivation et de les traduire en occasions de progrès.

Le fait de bâtir le règlement intérieur de l’instance est une possibilité offerte, si l’on s’en saisie, de mettre sur la table du collectif qui veut faire quoi et avec quels moyens. En effet, il s’agit de basculer du Quoi au Comment. D’identifier les énergies et de les faire fructifier en règles du jeu / je.

L’objectif étant fixé, la méthode n’en reste pas moins délicate. Il est facile de s’égarer dans un exercice de rédaction. En lisant des règlements intérieurs, nous retrouvons souvent le texte issu du code du travail : « un secrétaire est désigné parmi les membres titulaires. », « Les élus titulaires ont un crédit d’heures mensuel de X heures. » Le texte prend alors un volume conséquent sans valeur ajoutée supplémentaire. La seule bonne question est : « Comment souhaitons nous opérer dans Notre structure ? ».

De plus, nous préconisons activement de se laisser du temps pour traiter lors des réunions un point après l’autre.

L’enjeu est de faire d’un document répondant à une obligation administrative, un outil de dialogue et d’efficacité. Une démarche dynamique qui expérimente plutôt que de prescrire ou contraindre. Cela signifie faire le point, mesurer l’efficacité et accepter de revenir en arrière, de faire évoluer le mode de fonctionnement. C’est donc un point récurrent de l’ordre du jour des réunions ordinaires qui ouvre un espace cadré dans le temps en même temps qu’une perspective d’y revenir dans la durée. Ce contexte rassurant a le mérite de marquer positivement le souhait permanent des acteurs de travailler ensemble.

Antoine de Saint Exupéry a écrit « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction ». Cette citation raisonne au sens du dialogue social avec force.
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